Pourquoi en parler ?
Spécificités cantonales
Le cadre légal en matière de climat, d’efficacité énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre se renforce progressivement. Au niveau fédéral, la loi sur le climat et l’innovation (LCl), entrée en vigueur le 1er janvier 2025, fixe notamment l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050, ainsi que des objectifs intermédiaires et des valeurs indicatives pour certains secteurs, dont celui du bâtiment. La loi sur le CO₂ révisée, entrée en vigueur le 1er janvier 2025, définit quant à elle, pour la période allant jusqu’en 2030, des objectifs et des instruments de réduction des émissions. Les exigences concrètement applicables aux bâtiments relèvent ensuite principalement des législations cantonales, notamment en matière d’énergie et de construction.
Les propriétaires de biens immobiliers sont nombreux à être confrontés au défi de la RE et à devoir financer des travaux.
Urgence climatique et transition énergétique
L’urgence climatique impose une transition vers une société décarbonée, basée notamment sur les principes de la sobriété (soit la réduction de la demande énergétique), de l’efficacité du bâti et des appareils électriques, ainsi que de la substitution des énergies fossiles par les énergies renouvelables. Cela nécessite la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes dans tous les domaines, car la «transition sera collective ou ne sera pas »1.
+ de 40%
Part imputable aux bâtiments dans la consommation finale d’énergie en Suisse, dont près de 70% l’est pour le chauffage. 2
0 émissions
Cible d’émissions nettes fixée par le Conseil fédéral en termes d’émissions de gaz à effet de serre dans la Stratégie énergétique 2050. 3
Le poids du bâtiment
En 2020, le parc bâti suisse comptait environ 2,8 millions de bâtiments, dont 1,8 million à vocation résidentielle (source : Parc immobilier 2050 – Vision de l’OFEN). En nette augmentation, la taille du parc bâti a cru de 47% depuis 1990 (source : Office fédéral de la Statistique). La majorité des objets sont néanmoins plus anciens, vieillissants et majoritairement chauffés aux énergies fossiles (le mazout reste l’agent le plus utilisé (30 %), suivi par le gaz naturel, à hauteur de 25 %) (source : Parc immobilier 2050 – Vision de l’OFEN).
En 2019, le parc immobilier suisse représente près de 40 % environ de la consommation d’énergie totale (90TWh) (source: Parc immobilier 2050 – Vision de l’OFEN) , dont la majorité concerne les besoins en chaleur pour le chauffage et la production d’eau chaude. Des progrès sont notables, le secteur du bâtiment ayant émis 9,4 millions de tonnes de CO2 en 2022, soit 44 % de moins qu’en 1990 (source: OFEV), mais ils restent bien en dessous des économies qui devraient être réalisées.
Pour atteindre les objectifs suisses en matière de politique climatique, le rythme de rénovation du parc bâti devrait dépasser les 3% par année. Or, il n’est actuellement que d’environ 1% en moyenne (source: Mon plan climat).
67 milliards
Dépenses en francs, pour le secteur de la construction en Suisse, en 2019.4
1,5 million
Nombre de bâtiments résidentiels en Suisse nécessitant urgemment une rénovation énergétique en 2024.5
65 TWh/an
Consommation prévue du parc immobilier en 2050, selon le scénario de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération. En 2023, elle était de 90 TWh. Atteindre cette cible signifie diminuer de moitié la consommation au mètre carré par rapport à 2010 !6
Habitat et énergie grise
L’habitat consomme beaucoup de ressources et produit d’importants volumes de déchets à toutes les étapes du cycle de vie : construction, exploitation et démolition/rénovation. Pour réussir à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre du parc immobilier, les efforts doivent porter sur toute la durée de vie du bâtiment.
Il faut également considérer l’empreinte carbone de la construction, c’est-à-dire toutes les émissions de gaz à effet de serre liées à la production des matériaux ainsi que leur mise en œuvre sur chantier. Il existe de forts potentiels pour améliorer le bilan du parc bâti en termes d’empreinte carbone à toutes ces phases.
La tendance est de plus en plus de considérer l’empreinte carbone comme un critère de décision comptant notamment dans la pesée d’intérêt entre le maintien de l’existant ou la démolition-rénovation. Certains cantons et labels fixent déjà des budgets carbone à respecter pour certains types de bâtiments.
Empreinte carbone et énergie grise
L’empreinte carbone d’un matériau est la masse de CO2eq [kgCO2eq] émise pour que celui-ci soit fabriqué. On utilise parfois, à tort, la terminologie énergie grise mais qui dit énergie dit kilowattheure [kWh]. Les deux indicateurs sont toutefois pertinents car l’enjeu est de décarboner le milieu mais également de consommer moins d’énergie dans sa globalité.
Avec l’avènement des énergies renouvelables pour l’électricité et la production d’eau chaude et de chauffage, il est tout à fait possible d’avoir une empreinte carbone de la construction plus élevée que celle de l’utilisation du bâtiment sur sa durée de vie.
- « Habiter Demain », Gnaegi Christophe et Rol Camille, Coll. Jalons n°13, État de Vaud, 2018 ↩︎
- « Parc immobilier 2050 – Vision de l’OFEN », OFEN, 2023 ↩︎
- Même source que la note 2 ↩︎
- Même source que la note 2 ↩︎
- « Parc immobilier obsolète : quel est réellement le besoin de rénovation des logements en Suisse », site internet de Raiffeisen, 2025 ↩︎
- Même source que la note 2 ↩︎
© HDSr 15/09/2026