Mais de quoi parle-t-on ?
La rénovation énergétique est un champ très vaste qui comprend tous les types d’interventions et de travaux destinés à réduire la consommation d’énergie d’un bâtiment et à améliorer sa performance globale.
Les domaines de la RE
Les travaux de RE peuvent être de 8 natures différentes (cf. figure) .
Les travaux et interventions apparentés à de la RE
Selon la nature des travaux, les incidences pour les propriétaires, en termes d’investissement financier, de désagréments pour les habitants ou de durée des travaux, sont très variables. En effet, le coût varie très fortement entre des opérations d’optimisation des équipements techniques, par exemple, très rapidement amorties par les économies de charges d’exploitation réalisées, et les concepts d’assainissement global, qui peuvent se monter à plusieurs centaines de milliers de francs. Les travaux réalisés dans ces différents domaines font l’objet de programmes de subventionnement à plusieurs niveaux institutionnels : Confédération, Cantons et certaines Communes.
Produire, consommer, stocker et partager l’électricité
L’installation de panneaux photovoltaïques permet à une PPE de produire une partie de l’électricité dont elle a besoin et ainsi de favoriser l’autoconsommation. Pour en tirer le meilleur parti, il convient également de réfléchir à la manière dont cette électricité sera consommée, stockée, partagée ou injectée dans le réseau.
L’électricité produite peut ainsi être :
- consommée directement dans les logements et les parties communes, ainsi que pour la recharge des véhicules électriques ;
- stockée dans une batterie pour être utilisée plus tard, notamment le soir ;
- partagée localement entre plusieurs consommateurs ;
- injectée dans le réseau lorsque la production dépasse les besoins.
Ces choix peuvent influencer le dimensionnement de l’installation photovoltaïque, les équipements techniques, les compteurs ainsi que la répartition des coûts et des bénéfices entre copropriétaires.
Le photovoltaïque ne consiste donc pas uniquement à produire de l’électricité : il s’agit aussi de déterminer comment l’utiliser au mieux au sein de la PPE.
Les possibilités de partage de l’électricité
Pour une PPE, trois modèles principaux peuvent être envisagés :
- RCP – Regroupement dans le cadre de la consommation propre
Introduit au niveau fédéral en 2018, le RCP permet à plusieurs participants, locataires ou propriétaires, de consommer l’électricité produite localement dans le bâtiment, par exemple par une installation photovoltaïque commune. Les consommateurs sont reliés par un réseau électrique privé. Pour l’électricité autoconsommée, aucun tarif d’utilisation du réseau n’est appliqué. - RCPv – Regroupement virtuel dans le cadre de la consommation propre
Depuis le 1er janvier 2025, le RCPv permet d’étendre la consommation propre à plusieurs bâtiments dans le voisinage, sans créer de réseau électrique privé entre eux. Les participants peuvent ainsi mettre en commun leur production et leur consommation d’électricité. Aucun tarif d’utilisation du réseau n’est appliqué sur l’électricité autoconsommée. - CEL – Communauté électrique locale
Une nouvelle possibilité existe depuis 2026 avec la CEL, qui permet à des producteurs et des consommateurs situés dans un même quartier ou sur le territoire d’une commune de partager localement de l’électricité via le réseau public. L’électricité échangée bénéficie d’un tarif d’utilisation du réseau réduit.
En résumé : le RCP et le RCPv permettent d’autoconsommer collectivement l’électricité produite localement, tandis que la CEL permet de la partager localement via le réseau public, avec un tarif d’utilisation du réseau réduit.
Informations complémentaires : « De l’énergie solaire pour tout le quartier » , Journal de l’énergie, Suisseénergie, janvier 2026
Ces différents domaines peuvent être judicieux à considérer de manière complémentaire ou de manière successive, lors d’une intervention visant à réduire les consommations d’énergie d’un bâtiment. Par exemple, l’optimisation est parfois à prendre comme mesure rapide, afin de permettre de mieux anticiper la planification d’un projet de RE, autant au niveau du projet en lui-même que de son financement.
Parole à une PPE : Optimiser avant d’agir
En 2019, nous avons fait réaliser un certificat CECB®Plus. Trois variantes de RE ont été proposées, avec des coûts estimés allant de CHF 410’000.– à 1’900’000.–. À l’époque, l’indice de dépense de chaleur (IDC) dépassait légèrement les 580 MJ/m2.an. De tels montants n’étant pas disponibles, nous avons opté pour une approche progressive, en commençant par optimiser les réglages du système de chauffage : ajustement de la consigne de température et de la courbe de chauffe, abaissement nocturne et gestion des horaires jour/nuit. Cette étape nous a permis une première réduction notable de l’IDC, qui nous a donné le temps de mieux planifier un projet de RE plus conséquent.
En 2021, nous avons isolé les combles (par le sol) et, en 2022, remplacé le système de ventilation par un système hygroréglable, en suivant les recommandations du certificat CECB®Plus.
Résultat de l’ensemble de ces actions : en 2023, notre IDC est passé sous la barre des 430 MJ/m2.an, soit une réduction d’environ 26% pour un investissement relativement modeste pour un immeuble de 30 appartements.
Les types d’interventions
Les travaux de RE se déroulent selon deux modèles généraux :
- Un plan d’assainissement global
- Un plan d’assainissement échelonné
Le choix dépend surtout des ressources financières disponibles et des besoins spécifiques en matière de RE, sans oublier les autres travaux de rénovation qui pourraient être effectués en même temps afin de profiter de l’ouverture du chantier. Toutes deux ont des avantages et des inconvénients, et doivent donc être approfondies lors de la planification du projet, afin d’opter pour la plus adaptée à la situation et la meilleure au niveau fiscal.
Vue générale des avantages et des inconvénients d’une RE gobale pour échelonnée
- Coût total de la RE moins élevé. Possibilité d’exploiter des synergies entres les acteurs impliqués dans le projet : coordination des interventions, optimisation des coûts de planification et de réalisation des travaux, groupement des commandes, du transport et de la mise en place (échafaudages, par exemple)
- Adaptation optimale des mesures énergétiques et minimisation des risques de dommages sur la construction
- Économies d’énergie possibles rapidement
- Nuisances moins longues pour les habitants
- Certification MINERGIE® possible
- Subventions supplémentaires (bonus) dans certains cantons
- Financement de la totalité des coûts à assumer sur une courte période, voire en une seule fois
- Occupation des logements potentiellement compromise (en fonction de l’ampleur de l’intervention)
- Répartition des investissements sur plusieurs années
- Occupation des logements peu compromise
- Augmentation des loyers pouvant être échelonnée
- Déductions fiscales échelonnées
- Coûts des travaux globalement plus élevés
- Potentiels problèmes de physique du bâtiment si les mesures ne sont pas suffisamment adaptées les unes aux autres
- Économies d’énergie réalisées plus progressivement
- Nuisances plus longues pour les occupants
- Certification MINERGIE® possible qu’après l’assainissement de tous les éléments – Éventuelles pertes de subventions
© HDSr 15/09/2026